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Interview de Harinjaka Ratozamanana, Fondateur de HABAKA

Qui êtes-vous et que faites vous ?

Je suis Harinjaka Ratozamanana, web entrepreneur, Directeur Exécutif de l’ONG Habaka.

Habaka  Madagascar Innovation Hub est un  Hub destiné à l'innovation et la communauté technologique à Madagascar.

Le coworking, l’évènementiel TIC, formation, R&D et incubations de startups sont nos domaines de prédilection.

Je suis passionné de technologie,  d’évènementiel et de design. Je suis TED fellow et  Science hack Day Embassador depuis cette année. 

Ces titres me donnent les droits d’exploitation de nombreux évènements internationaux liés à la nouvelle technologie à Madagascar.


Parlez nous de votre projet?

Habaka, est un projet né en 2011, initié à la base par des acteurs indépendants du web malagasy (blogueurs et travailleurs indépendants dans les nouvelles technologies).

Mon travail et celui de mon équipe  consiste à mettre en place un écosystème qui facilitera l’entreprenariat et la mise en orbite de nombreuses startups technologiques à Madagascar.

Je participe à différentes rencontres nationales et "think tank" internationaux pour réfléchir aux différents moyens de développer le domaine des TIC à Madagascar, dans la région et sur le continent.  

A ce stade, Madagascar a encore besoin d'un cadre légal, de nouvelles institutions financières spécialisés dans la gestion de fonds destinés aux startups, un réseau d’investisseurs ou de Business Angels qui conseillent et accompagnent les nouvelles entreprises, des moyens de paiement en ligne sécurisé pour développer les services, des compétences et des conditions qui attirent les investisseurs du domaine... encore tout un chantier.

Pour y arriver, nous organisons des évènements pour discuter et débattre sur les problèmes rencontrés dans le secteur. 

Actuellement nous mettons en place un espace de coworking pilote à vocation purement technologique à Tana : un espace de travail destiné aux startups et travailleurs indépendant du web. Nous travaillons aussi sur la mise en place d'un incubateur de startups d’innovation technologique  avec  nos partenaires.

Conscient de l’importance et du rôle fondamentale de l’éducation dans le domaine des TIC et du développement,  nous avons un département « formation » attitré pour attribuer des certifications de compétences diverses sur les métiers du web. Nous sommes actuellement en discussion avec Microsoft et Google.

Enfin, nous rêvons de voir naître à Tsimbazaza, dans nos enceintes, la première technopôle à Madagascar, un IT Park, juste en face du Parc Zoologique et Botanique.

 
Comment êtes-vous devenu entrepreneur ?

J’ai eu la chance d’avoir croisé le chemin de bons mentors et d'amis passionnés par l’entreprenariat. J’ai aussi eu l’occasion de côtoyer des gens qui ont réussi dans le web. Cela ne pouvait que m'inspirer et je pense que c’est ce que les jeunes malgaches ont besoin de nos jours : des "Business Heroes" locaux et des modèles de réussite en entreprenariat.

Quel a été l’élément déclencheur ?

Je suis devenu entrepreneur quand je me suis rendu compte que la plupart des problèmes en Afrique liés à la pauvreté représentait en fait des opportunités d’affaires.

Un exemple concret: dernièrement on s’est plaint des ordures de la capitale, ceci est une opportunité d’affaire qui représente 700 tonnes par jour de matière première pour celui qui a les moyens et la volonté de le faire … c’est de l’énergie, de l’engrais et autres produits à recycler et de l'emplois… pourtant pas si difficile quand on s'y met vraiment.

En matière de TIC, nous avons plus de main d’œuvre que l’île Maurice, un bon fuseau horaire pour des services destinés à l’Europe (entre autre la France et la Belgique) et enfin la fibre optique qui nous relie avec le reste du monde.

La créativité et l’imagination fait  le reste. avec ces informations en main, je ne peux pas être spectateur.


Quelle est votre ambition d’entrepreneur ?

Notre pays dépend beaucoup des aides et des donations venant des pays étrangers. Je crois, comme nombreux experts que l’entreprenariat  est un moyen rapide pour vaincre la pauvreté. Nous le savons tous, l’entreprenariat, crée de l’emploi et de la valeur ajoutée et rend la dignité de la femme ou de l’homme contrairement à l’assistance sur laquelle nous avons toujours attendu pour atteindre le développement économique que nous appelons de tous nos vœux.

Je suis déjà heureux de participer au renforcement des TIC à mon échelle  et à ma manière et j’aimerais en faire plus à l’avenir.


Parlez-nous plus du concept de coworking. Quel est la place des startups dans l'avenir de Madagascar selon vous?

Le Coworking est un nouveau cadre innovant de travail qui se développe rapidement sur l’ensemble de la planète. Il s’agit de bureaux collectifs, connecté à internet ou les membres se partage les charges fixes à moindre coût... Chose qui colle parfaitement à notre culture du partage. Chaque membre travaille sur son projet ou son client et notre rôle est de faire en sorte que cet environnement de travail soit agréable et favorable à la créativité et aux échanges. 

En plus de cela, nous développons des programmes qui accélèrent les meilleures startups et leur donne l’opportunité de participer à différents concours régionales pour leur donner plus de visibilité.

En 2012 nous avons produit des gagnants au concours Apps for Africa et en 2013 deux de startups malgaches ont été respectivement finaliste à la webcup de la Réunion et à l’ICT4ag qui a eu lieu au Rwanda en novembre.

Vous avez participé à des concours sur l'innovation au niveau africain, quelle est la place de Madagascar comparativement au reste de l'Afrique?

Madagascar a sa carte à jouer en matière de nouvelle technologie et d’innovation technologique en Afrique. L’avènement du web ouvre une opportunité d’avenir pour des millions de jeunes malgaches talentueux. Les nouveaux métiers du web affluent grâce aux diminutions des coûts d'accès à Internet, ceux qui fait que les frontières se réduisent.

Les nouveaux métiers du web ne nécessitent pas forcément de grandes formations. Nous avons constaté que de nombreux jeunes commencent déjà à profiter de ces nouveaux métier en étant autodidacte et simplement  passionnés.

Nous avons également de nombreux ingénieurs, aujourd’hui recrutés par des entreprises dans nos iles voisines. Je pense que si toutes les conditions sont réunies pour encourager le développement de startups à Madagascar, nous pouvons être le prochain Hub de l’Océan Indien ... L’expérience de nos jeunes diplômés expatriés pourra être d'autres atouts majeurs.

Au niveau Africain, notre difficulté reste la langue « anglaise », une langue qui représente près de 80% des contenus disponible sur Internet. De ce fait, les pays africains anglophones sont plus avancés que nous surtout au niveau de l'accès à l'information, donc aux opportunités. Sans parler du manque à gagner et de la part de marché qui diminue. Cependant, au niveau du savoir faire individuelle nous avons de très bons techniciens.

Quel est le meilleur conseil d’entrepreneur qu’on vous ait donné ?

Le meilleur conseil d’entrepreneur qu’on m’a donné c’est  « ’être ambitieux, bien s’organiser, se préparer et persévérer »… bref, ne jamais abandonner quelque soit la difficulté car  les efforts finissent toujours par payer.

Comment peut-on vous contacter ?

Je suis sur la plupart des réseaux sociaux mais vous pouvez me suivre sur twitter @harinjaka


A vous le mot de la fin !

Je tiens à remercier les lecteurs de Mada-Business et l'équipe Mada-Business pour cette interview.

Je vous encourage et vous souhaite une bonne année !!

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